La féminité de l’eau

novembre 1, 2008

L’eau est au soubassement de toute vie. De ce fait, le parallèle symbolique peut être établi entre la matrice eau et la femme fécondable. A travers l’acte sexuel, les rites d’obtention de la pluie se trouvent analysés par beaucoup de chercheurs. A travers une décomposition du système-monde dans la société Dogon, Marcel GRIAULE nous montre l’importance du mythe et de la cosmologie dans la culture Dogons. L’acte agricole, par une démarche métaphorique, se trouve lié à l’acte conjugal. Ainsi, comme « dans l’union, l’homme ensemence. Il est comme un génie de l’eau qui fait pleuvoir l’eau fécondante sur la terre et la femme, sur les graines des semailles ». L’eau, considérée comme semence divine, va pénétrer la terre par la pluie qui joue le rôle de sperme fécondant à l’image de la semence active de l’homme sur la matrice réceptive de la femme. Cet acte, en même temps qu’il caractérise le modelage d’êtres, assure la poursuite du cycle régulier de la « gémelliparité » selon l’expression de Marcel GRIAULE.

 Gilbert DURAND, pour sa part, lie la liquidité de l’eau à l’élément même des menstrues. A ce propos, il dira « que l’archétype de l’élément aquatique et néfaste est le sang menstruel ». Le sang devient dès lors l’eau sombre à la féminité et au temps « menstruel ». « Le sang menstruel est simplement l’eau néfaste et la féminité inquiétante qu’il faut éviter ou exorciser par tout les moyens (…) Cette eau noire n’est finalement que le sang, que le mystère du sang qui fuit dans les veines ou s’échappe avec la vie par la blessure dont l’aspect menstruel vient surdéterminer la valorisation temporelle».


Ambivalence de l’eau

novembre 1, 2008

Comme tous les symboles, l’eau est ambivalente. Elle est fondamentalement un symbole matriciel tout en prenant fréquemment une orientation ponérologique. Comme contenant, de l’eau sort tantôt la vie, tantôt le mal, le pêché ou la mort. « De tout temps, l’homme se sert de l’eau pour exprimer, d’une part, son besoin d’incubation dans l’utérus maternel mais aussi son besoin de naître et d’autre part pour évoquer l’origine mystérieuse des forces du mal qui l’assaillent aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur ».

 Cette ambiguïté de l’eau fait que dans certaines mythologies comme Aztéque, le dieu des montagnes et de l’eau Tlaloc est représenté par un masque de serpent à deux têtes. De même, en Inde, le domaine de l’eau est l’apanage de Varuna ce dieu qui a crée et qui maintient l’univers forme un couple antagoniste avec Mitra, associé à la lumière du soleil.


« l’Etre de l’eau dans l’imaginaire collectif et la cosmologie des Walo-Walo du Sénégal »

septembre 29, 2008

RESUME

 L’ouverture vers une symbolique de l’eau ne se présente pas comme la négation des approches économique, politique ou technique qui ont une grande valeur pour les collectivités humaines, mais invite plutôt à déplacer notre regard vers « l’être » de l’eau. Ainsi, par ce déplacement, deux constats peuvent être faits. Outre la gestion de sa qualité et celle des rapports de pouvoir qui lui sont liés, la gestion de l’eau peut aussi renvoyer à une autre dimension : celle symbolique. Des éléments d’une conception de la relation à l’eau dans le « royaume amphibie » du Waalo montrent comment cette relation a joué un rôle institutionnel fondamental dans l’organisation sociale et comment, de la socialisation de cette ressource, est née le désir de vivre en harmonie avec l’environnement.   

 


l’Etre de l’eau dans l’imaginaire collectif et la cosmologie des Walo-Walo du Sénégal

juillet 4, 2008

The opening towards a symbolism of water does not represent the negation of economic, political or technical approaches that have a great importance for the human being, but rather invites us to focus on the “being” of water. So, by this transfer, we can make two observations. Besides the management of its quality and that of the power relationships related to it, the management of water can also have another dimension: the symbolic one. Some facts of a notion of the relationship with water in the “ amphibious kingdom” of Walo show how this relationship played a basic institutional rule in the social organization and how, from the socialization of this resource, is born the wish to live in harmony with the environment.