échelles, temporalitès et acteurs dans la gouvernance de l’eau au Sénégal

Face au constat d’une raréfaction de la ressource et devant l’urgence de trouver des alternatives pour éviter les prédictions alarmistes annoncées, des rencontres, des conférences, des forums sur l’eau se programment, se tiennent et se succèdent. Les Institutions internationales se relayent et des engagements sont pris.

Dans la recherche de solutions efficaces, le second « Sommet de la terre » à Rio en 1992 a fait ressortir une idée forte : celle de participation de l’ensemble des parties prenantes impliquées dans la mise en œuvre d’une politique. Plus généralement, ce sommet a mis en avant la notion de « gouvernance participative » qui retranscrit la volonté de faire participer les populations locales à la mise en œuvre de la politique. La gestion en commun des ressources naturelles, en modifiant le régime de propriété, fondant une propriété commune avec ses règles et sanctions, apporte une pièce nouvelle à l’édifice des modes de gestion des ressources.

Jusqu’au début des années 1980, L’Etat sénégalais prenait tout en charge : de la construction des infrastructures hydrauliques à leur exploitation. Mais compte tenu d’effets structurels, il a commencé à se désengager de son rôle centralisateur. C’est alors qu’il s’est saisi de la Décennie Internationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (1981-1990) pour mettre en place une nouvelle politique en matière d’hydraulique rurale avec comme objectif, un désengagement à terme de certaines de ses fonctions régaliennes et une plus grande responsabilisation des populations dans la gestion de l’eau. 

Depuis les politiques de décentralisation, les structures déconcentrées de l’Etat qui disposaient, en principe, du monopole de la gestion publique locale doivent dorénavant composer avec les collectivités locales élues. Parallèlement, de nombreux acteurs non-étatiques ont émergé, dans le contexte de démocratisation. L’élection des collectivités locales au suffrage universel a favorisé la création d’un champ politique local autour d’une compétition pluraliste. Les partis politiques tendent à s’implanter au niveau local et à participer à l’action publique. Les usagers s’organisent autour de comités de gestion villageois censés défendre les intérêts des usagers. Des acteurs plus « traditionnels » de l’espace public local demeurent présents : ce sont les notables (chefs coutumiers et responsables politiques locaux).

Dans un tel contexte, l’action publique tend à se complexifier, notamment à travers un élargissement du spectre des acteurs impliqués. La gouvernance est désormais devenue multi acteurs. Différentes échelles (étatique, locale, villageoise) sont tenues d’interagir, créant une situation complexe qui transforme la gestion durable de l’eau en une constellation assez composite d’intérêts divergents, de logiques contradictoires. Dés lors, comment concilier ces diverses temporalités propres à la durabilité? A quelles échelles doit s’effectuer la gouvernance ? Centrale, locale ou communautaire ?  Enfin, quand la gouvernance de l’eau est marquée par l’opacité et le clientélisme politique, les dispositifs institutionnels de participations peuvent-ils favoriser une régulation plus démocratique ? 

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