De l’échec des formes locales de gouvernance : la complexité de la l’accès à l’eau potable au Sénégal

Pour l’Etat sénégalais, les prescripteurs comme la Coopération Française[1], l’Agence Française de Développement, les donneurs d’ordre comme la Banque mondiale, la déstructuration/restructuration du service de l’eau qui se fonde sur le modèle communautaire est plus simple à administrer en milieu rural où les solidarités et les pouvoirs traditionnels sont encore forts. Ils ont pensé, le plus souvent à tort, que le transfert de la gestion, voire de la propriété des infrastructures hydrauliques aux « communautés locales » pouvait être une solution de bonne gestion en se basant sur la logique de solidarité et de coopération dans ces communautés villageoises.

Dans cet ouvrage, j’ai essayé de montrer, à travers une étude comparative, que ces communautés villageoises, loin d’être des ordres constants, s’inscrivent dans une dynamique perpétuelle. Ce qui fait que les pratiques de gestion quotidienne du service de l’eau sont constamment appelées à être renégociées. Ma démarche a été d’intégrer la gestion locale des équipements fournissant l’eau potable dans l’univers social et politique villageois, et plus largement sénégalais avec ses pratiques clientélistes, ses manœuvres électorales et ses stratégies de pouvoir. L’objectif principal visé est  celui de montrer en effet qu’il ne suffit pas, contrairement à ceux qui visent les Objectifs du Millénaire ou les discours simplistes de certains ONG, d’implanter des installations pour que l’accès à l’eau potable soit considéré comme acquis, que les populations qui doivent y avoir accès se comportent comme prévu. La disponibilité physique des infrastructures hydrauliques n’implique pas que l’accès à l’eau potable soit considéré comme acquis. Toutes sortes de pressions sociales et culturelles viennent entraver l’accessibilité de l’eau, tandis que les réseaux sociaux se complexifient et croisent différentes stratégies propres aux acteurs locaux. Ces jeux que perçoivent mal les gestionnaires de l’eau mettent à mal les efforts des acteurs du développement et constituent un apport essentiel à la réflexion dans ces domaines.

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