« Eau et développement : échelles, temporalités autour de la gestion durable du service public de l’eau au Sénégal »

Cette recherche a porté sur les modes de gestion durable du service de l’eau. Elle est basée sur un questionnement général : dans quelles mesures le mode de gestion du service public de l’eau à caractère marchand, introduit dans le cadre de logiques différentes, a-t-il des chances d’assurer la pérennité du service ou pas ? Ces modes de gestion ont été envisagés sous l’angle de la diversité d’acteurs sociaux, aux logiques d’action multiples et combinatoires, produisant une pluralité de pratiques. L’approche comparative multi-sites, dans un cadre spatio-temporel défini, englobant un tissu de relations complexes, a été privilégiée. Dans une double perspective (synchronique et diachronique), l’étude a montré comment l’hétérogénéité d’acteurs produisant une pluralité de normes, autour du service de l’eau, a pu déboucher sur des interactions conflictuelles compromettant l’atteinte des objectifs assignés aux programmes d’action.

Au plan des résultats, l`étude a relaté, en articulant différentes échelles, comment l’introduction de nouvelles normes de gestion du service de l’eau a suscité ou amplifié des déséquilibres qui existaient déjà entre les acteurs.

Du fait de l’introduction d’un nouveau système d’approvisionnement en eau potable, l’Etat avait en même temps introduit des normes officielles et abstraites de gestion du service public de l’eau. N’arrivant pas sur un sol vierge de toute forme d’organisation, ces règles se sont superposées aux logiques socioculturelles des acteurs villageois. A défaut de régulation conjointe, il s’est crée plusieurs types de légitimés et de légitimations des pratiques des acteurs. Ce qui a posé comme problème des heurts entre ces logiques divergentes autour de la gestion quotidienne du service de l’eau : des acteurs villageois sont coincés entre différents systèmes de valeurs, des pouvoirs locaux s’opposent pour un positionnement dans l’arène villageoise, des cultures (sous son aspect micro) s’affrontent, des structures héritées se superposent à celles nouvelles, créées pour gérer l’eau. Le clientélisme politique s’invite à la gestion. Bref, un ensemble de systèmes avec des boucles de rétroactions scandent la gestion du service et finissent par créer une situation anomique.

Le dérèglement des normes à l’origine de l’anomie s’explique par l’incertitude née de l’ambiguïté liée à la finalité réelle de l’introduction des Adductions d’Eau Potable dans ces villages. Finalement, cette incertitude a décrédibilisé les normes codifiées de gestion telles qu’elles sont perçues par les villageois.

Mots-clefs : gestion durable, eau, santé, légitimités, stratégies d’acteurs, logiques, conflits, valeurs, normes, politique publique, évaluation, régulation, clientélisme, enjeux, pouvoir, incertitude, anomie.

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